7 mythes sur l'arthrose : ce que dit réellement la science

L'arthrose est souvent résumée à une simple « usure » des articulations. On entend également qu'il faudrait éviter de trop bouger, que la douleur signifie forcément que l'articulation se dégrade ou qu'une radiographie permettrait de prédire l'avenir.

En réalité, l'arthrose est une affection complexe qui peut toucher l'ensemble de l'articulation et les tissus qui l'entourent. Elle est particulièrement fréquente au niveau des genoux, des mains, des hanches et de la colonne vertébrale.

Voici 7 idées reçues fréquentes et ce que les données scientifiques permettent réellement de dire.

Mythe n°1 : « L'arthrose, c'est simplement une articulation usée »

❌ Faux : c'est beaucoup plus complexe que cela

L'image de « l'usure » est facile à comprendre, mais elle est trop simpliste.

L'arthrose concerne l'ensemble de l'articulation, y compris le cartilage, l'os et les tissus environnants. C'est pourquoi la comparer uniquement à une pièce mécanique qui s'userait progressivement ne reflète pas toute la complexité biologique de cette affection.

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à son développement, notamment l'âge, certains facteurs génétiques, des antécédents de blessure articulaire, certaines maladies articulaires ou métaboliques et, pour certaines localisations comme la hanche ou le genou, l'excès de poids.

➡️ À retenir : l'arthrose n'est pas simplement du « cartilage usé ».

Mythe n°2 : « Plus ma radio est mauvaise, plus je dois avoir mal »

❌ Faux

Les changements observés à l'imagerie et les symptômes ne sont pas toujours directement liés.

Les recommandations de l'EULAR soulignent que des anomalies à l'imagerie sont fréquentes, particulièrement avec l'avancée en âge, et que les symptômes articulaires ne sont pas nécessairement causés directement par les anomalies visibles. L'histoire clinique et l'examen restent donc essentiels.

Dans les situations typiques, les recommandations NICE indiquent également qu'il est possible de diagnostiquer une arthrose cliniquement, sans imagerie systématique.

➡️ Une radiographie apporte des informations utiles, mais elle ne mesure pas votre douleur et ne résume pas votre situation.

Mythe n°3 : « Si j'ai de l'arthrose, je dois éviter de bouger »

❌ Faux

L'activité physique et l'exercice adapté font partie des principales approches recommandées dans la prise en charge de l'arthrose.

Les recommandations NICE conseillent de proposer un exercice thérapeutique adapté aux besoins de chaque personne, par exemple du renforcement musculaire ou du travail aérobie. Elles précisent également qu'une augmentation initiale de la douleur ou de l'inconfort peut parfois survenir au début d'un programme d'exercice, mais qu'une pratique régulière peut apporter des bénéfices à long terme sur la douleur, la fonction et la qualité de vie.

L'OARSI recommande également l'éducation et les programmes d'exercice structurés comme éléments importants de la prise en charge non chirurgicale de l'arthrose.

➡️ L'objectif n'est généralement pas d'arrêter de bouger, mais de trouver une activité et une progression adaptées à la personne.

Mythe n°4 : « Si j'ai mal, cela signifie forcément que j'abîme mon articulation »

❌ Pas forcément

La douleur est importante et doit toujours être prise au sérieux. Mais son intensité n'est pas une mesure directe de l'état des structures articulaires.

L'absence de relation systématique entre les anomalies visibles à l'imagerie et les symptômes est notamment soulignée par les recommandations de l'EULAR.

De plus, NICE précise qu'une douleur ou un inconfort peut temporairement augmenter lorsqu'une personne débute un exercice thérapeutique, tout en soulignant les bénéfices à long terme d'une pratique régulière et adaptée.

Cela ne veut évidemment pas dire qu'il faut ignorer une douleur nouvelle, intense ou inhabituelle.

➡️ Une augmentation temporaire des symptômes ne signifie donc pas automatiquement que l'articulation est en train de se détériorer. Le contexte est essentiel.

Mythe n°5 : « L'arthrose touche uniquement les personnes âgées »

❌ Faux

La fréquence de l'arthrose augmente avec l'âge, mais elle peut également toucher des personnes plus jeunes, notamment après certaines lésions ou traumatismes articulaires.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé, l'arthrose apparaît typiquement entre la fin de la quarantaine et le milieu de la cinquantaine, mais peut aussi concerner des personnes plus jeunes, y compris des sportifs ou des personnes ayant subi une blessure articulaire.

L'OMS rappelle également que plusieurs facteurs peuvent contribuer à son développement.

➡️ L'âge est donc un facteur parmi d'autres, et vieillir ne signifie pas automatiquement souffrir d'arthrose.

Mythe n°6 : « Une fois que j'ai de l'arthrose, cela va forcément empirer »

❌ Pas forcément

L'évolution de l'arthrose et surtout celle des symptômes peut varier considérablement d'une personne à l'autre.

Il n'est pas possible de prédire précisément la douleur future d'une personne à partir d'une seule radiographie. Les recommandations de l'EULAR rappellent notamment que les symptômes ne sont pas toujours directement liés aux anomalies observées à l'imagerie.

Cela ne signifie pas que l'arthrose ne peut jamais progresser. L'OMS décrit l'arthrose comme une affection chronique pouvant évoluer progressivement. Mais l'évolution clinique, la douleur et les capacités fonctionnelles restent individuelles.

➡️ Un diagnostic d'arthrose ne permet pas, à lui seul, de prédire précisément votre avenir.

Mythe n°7 : « Il n'y a rien à faire à part attendre »

❌ Faux

Même s'il n'existe pas aujourd'hui de traitement permettant de faire disparaître complètement l'arthrose, de nombreuses options permettent de prendre en charge les symptômes et de préserver ou améliorer les capacités fonctionnelles.

L'exercice thérapeutique adapté fait partie des recommandations centrales de NICE. L'éducation et les programmes d'exercice structurés occupent également une place importante dans les recommandations de l'OARSI.

Selon la situation, la prise en charge peut également inclure d'autres interventions. Une chirurgie de remplacement articulaire peut être envisagée dans certaines situations lorsque les symptômes ont un impact important sur la qualité de vie et que les options non chirurgicales sont inefficaces ou inadaptées.

➡️ L'arthrose ne signifie donc pas qu'il faut simplement attendre que la situation empire.

L'arthrose peut-elle toucher toutes les articulations ?

L'arthrose peut concerner différentes articulations. Elle est notamment fréquente au niveau :

🦵 Des genoux

La douleur, la raideur et les difficultés fonctionnelles peuvent notamment influencer la marche ou certaines activités du quotidien.

🦴 Des hanches

Les symptômes peuvent être ressentis autour de la hanche, notamment dans l'aine ou la cuisse selon les situations.

✋ Des mains

Différentes articulations des doigts et du pouce peuvent être concernées.

🦶 Des pieds

Certaines articulations du pied peuvent également être touchées.

🦴 De la colonne vertébrale

Des changements dégénératifs peuvent être observés au niveau de différentes structures. Comme pour d'autres régions du corps, la présence d'anomalies à l'imagerie ne permet pas à elle seule de déterminer la cause exacte d'une douleur.

Alors, qu'est-ce qui influence les symptômes ?

L'état de l'articulation fait partie des éléments importants, mais une personne ne se résume pas à sa radiographie.

Une évaluation complète prend notamment en compte les symptômes, leur évolution, les capacités fonctionnelles, l'activité physique et l'impact sur la vie quotidienne. Les recommandations EULAR soulignent d'ailleurs l'importance de l'histoire et de l'examen clinique avant de déterminer la nécessité d'investigations complémentaires.

🦴 L'articulation

Les changements structurels constituent une partie du tableau clinique.

💪 Les capacités physiques

La force, l'endurance et les capacités fonctionnelles peuvent influencer les activités du quotidien.

🚶 L'activité physique

Le niveau d'activité et les changements de contraintes peuvent influencer les symptômes.

😴 La récupération

Le sommeil et la récupération peuvent avoir un impact sur le vécu global de la douleur.

🧠 L'expérience de la douleur

La douleur est une expérience complexe qui ne peut pas être résumée à une seule image ou à une seule structure.

Deux personnes présentant des changements articulaires similaires peuvent donc vivre une situation très différente.

Quel est le rôle du chiropracteur ?

En présence de douleurs articulaires, une consultation commence par une évaluation individuelle.

L'objectif est notamment de comprendre :

  • vos symptômes et leur évolution ;
  • les mouvements ou activités difficiles ;
  • votre mobilité et vos capacités fonctionnelles ;
  • l'impact de la douleur sur votre quotidien.

Selon la situation, la prise en charge peut inclure des conseils concernant le mouvement et l'activité physique, des techniques adaptées lorsque cela est pertinent, ainsi qu'une orientation vers un autre professionnel de santé si nécessaire.

L'objectif n'est pas de prétendre « guérir » l'arthrose ou de faire disparaître les changements visibles sur une radiographie, mais d'accompagner chaque personne en fonction de ses symptômes, de ses capacités et de ses objectifs.

🧠 Ce qu'il faut retenir

L'arthrose est une affection complexe. Une radiographie ne mesure pas votre douleur et ne permet pas, à elle seule, de prédire votre avenir.

Avoir de l'arthrose ne signifie pas automatiquement qu'il faut arrêter de bouger ou attendre une aggravation inévitable. Les recommandations actuelles accordent une place importante à l'éducation, à l'activité physique et à l'exercice adapté, dans le cadre d'une prise en charge individualisée.

Questions fréquentes

L'arthrose est-elle uniquement liée à l'âge ?

Non. Sa fréquence augmente avec l'âge, mais différents facteurs peuvent contribuer à son développement, notamment des antécédents de lésions articulaires, certains facteurs génétiques et d'autres facteurs individuels.

Peut-on faire du sport avec de l'arthrose ?

Dans de nombreux cas, une activité physique adaptée est possible et l'exercice thérapeutique fait partie des approches recommandées. Le choix de l'activité et sa progression doivent être individualisés.

Une mauvaise radiographie signifie-t-elle forcément plus de douleur ?

Non. Les recommandations de l'EULAR indiquent que les symptômes ne sont pas toujours directement liés aux anomalies visibles à l'imagerie.

Faut-il systématiquement faire une radiographie ?

Non. Pour une présentation clinique typique, NICE recommande de diagnostiquer l'arthrose sans imagerie systématique et de réserver celle-ci aux situations atypiques ou lorsqu'une autre cause est suspectée.

L'arthrose va-t-elle forcément empirer ?

L'évolution est variable. L'arthrose est une affection chronique pouvant évoluer progressivement, mais une radiographie seule ne permet pas de prédire précisément l'évolution des symptômes ou des capacités d'une personne.